Découverte du siècle ou coup de publicité ? 
La récente annonce de la découverte d'un fossile de primate vieux de 47 millions d'années a fait les choux gras des médias et suscité un certain malaise au sein de la communauté scientifique. Au centre de la tempête médiatique, John Hurum, un paléontologue norvégien qui a baptisé le fossile du nom de sa propre fille, Ida.
Ce qui cause l'inconfort de nombreux chercheurs, ce n'est pas la découverte en elle-même mais l'enthousiasme débordant avec lequel elle a été présentée, car les superlatifs ne manquent pas: « chaînon manquant », « preuve incontestable du darwinisme », « huitième merveille du monde » ou « Saint Graal de l'archéologie ».
Comme les règles de la recherche le prévoient, les chercheurs ont publié leur découverte dans une revue scientifique renommée (en l'occurence PLoS One, une publication en ligne). Le même jour, cela dit, un site Internet a été lancé... un livre et un documentaire également. Tout cela a été préparé dans le plus grand secret, présumément afin d'avoir le maximum d'impact au moment de la publication.
La vérité au sujet d'Ida
La poussière ayant retombé après le lancement, de nombreux journalistes scientifiques se sont mis à examiner de plus près ce "miracle de la science". Le fossile, faut-il l'admettre, est remarquablement préservé compte tenu de son âge, mais n'a par ailleurs rien de très particulier. C'est un "adapiforme"; une espèce connue depuis de nombreuses décennies, et dont la place présumée dans l'arbre généalogique de l'humanité alimente les spéculations depuis longtemps.
Il faudra donc attendre que le cirque médiatique se termine et que la communauté scientifique ait véritablement eu le temps de porter un jugement afin de connaître la signification réelle d'Ida.
Info @ Canadien
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