Conte : Kvitebjørn Kong Valemon - L'Ours-roi Valemon - Norvège Actualité

Norvege-fr.com

Conte : Kvitebjørn Kong Valemon - L'Ours-roi Valemon

Il était une fois un roi. Il avait deux filles qui étaient moches et méchantes. Sa troisième était, par contre, aussi pure et claire que le jour, et le roi et les autres l’aimaient beaucoup. Une fois, elle rêva d’une couronne en or, une couronne si magnifique que si elle ne pouvait l’avoir, elle allait en mourir. Cependant quand elle ne put l’avoir, elle était si affligée et chagrine qu’elle ne pouvait plus parler. Et quand le roi sut qu’elle était affligée à cause de la couronne, il en fit fabriquer une très semblable à celle dont la princesse rêvait, et l’envoya à tous les forgerons de tous les pays leur demandant d’en faire une. Ils travaillèrent jour et nuit : mais elle en jeta certaines, et ne voulait même pas regarder d’autres. Puis un jour, quand elle était dans la forêt, elle vit un ours blanc, qui lui avait la couronne dont elle rêvait entre ses pattes en train de jouer. Alors elle voulait l’acheter.

Non, la couronne n’était pas à vendre, sauf s’il pouvait épouser la princesse. « La vie ne vaut pas le coup d’être vécue sans la couronne » dit-elle : « L’endroit où je vis et la personne que j’épouse me sont bien égaux, tant que je peux avoir la couronne. » Ils se mirent d’accord qu’il irait la chercher trois jours plus tard, un jeudi.

Quand elle rentra avec la couronne, tout le monde était content qu’elle soit contente de nouveau, et le roi pensait qu’il ne serait pas difficile de retenir un ours blanc. Le troisième jour, l’armée entière fut placée autour du château pour l’accueillir. Mais quand l’ours blanc vint, personne ne pouvait lui résister, car aucune arme ne le blessait ; il les jeta à droite et à gauche pour finir en tas. Le roi pensa que l’affaire était un désastre, et il envoya sa fille aînée que l’ours mit sur le dos avant de s’en aller. Quand ils furent allés loin, et encore plus loin, l’ours blanc demanda :

« Avez-vous déjà été assise aussi bien, avez-vous déjà vu aussi clair? » dit-il.
« Oui, sur les genoux de ma mère ai-je déjà été mieux assise, dans la cour de mon père ai-je déjà vu plus clair, » dit-elle.
« Alors, vous n’êtes pas la bonne, » dit l’ours, et la chassa jusqu’à la maison.

Le jeudi suivant, il revint, et fit comme il avait déjà fait. L’armée accueillit l’ours blanc, cependant ni le fer ni l’acier le toucha, et il les faucha comme de l’herbe. Le roi dut lui demander d’arrêter, et lui envoya sa deuxième fille, que l’ours mit sur son dos avant de s’en aller. Quand ils furent allés loin, et encore plus loin, l’ours blanc demanda :

« Avez-vous déjà été assise aussi bien, avez-vous déjà vu aussi claire? » dit-il.
« Oui », dit-elle, « dans la cour de mon père ai-je déjà vu plus clair et sur les genoux de ma mère ai-je déjà été mieux assise. »
« Alors, vous n’êtes pas la bonne, dit l’ours, et la chassa jusqu’à la maison. »

Le soir du troisième jeudi il revint. Il se bâtit encore plus fort que les fois précédentes : puis le roi pensa qu’il ne pouvait pas laisser l’ours frapper toute son armée et il donna alors sa troisième fille au nom de Dieu. L’ours la mit sur son dos avant de s’en aller loin, et encore plus loin. Quand ils furent dans la forêt, l’ours blanc lui demanda, comme il avait demandé aux autres si elle avait déjà été assise aussi bien, et si elle avait déjà vu aussi clair.

« Non, jamais », dit-elle.
« Alors, vous êtes la bonne », dit l’ours blanc.

Ils arrivèrent enfin à un château qui était si beau que celui de son père ressemblait à rien du tout en comparaison. Là, elle devait rester et y mener une belle vie, et tout ce qu’elle devait faire, était d’empêcher que le feu s’éteignait. L’ours était absent la journée, mais était avec elle la nuit, en homme. Tout se passait bien pendant trois années. Tous les ans, elle eut un enfant, que l’ours enleva dès leur mise au monde. Elle devenait de plus en plus triste, et demanda de retourner chez ses parents. Il n’y vit pas d’inconvénient, mais avant, elle devait promettre d’obéir à ce que dirait son père, et non à ce que dirait sa mère. Puis elle rentra, et quand ils étaient seuls avec elle, et qu’elle avait raconté comment elle allait, sa mère voulait lui donner une bougie, pour qu’elle voie comment il était. Mais son père dit : Non, elle ne devait pas le faire ; « cela ne fera que du mal et non du bien».

Quoi qu’il en soit, elle ramena un bout de bougie quand elle partit. La première chose qu’elle fit quant il s’était endormi, était d’allumer la bougie et l’éclairer ; il était si beau qu’elle n’arrivait pas à s’arrêter de le regarder. Pendant qu’elle l’éclairait, cependant, une goutte de suif tomba sur son front, et il se réveilla.

« Qu’avez-vous fait ? » dit-il. « Maintenant vous nous avez rendus malheureux tous les deux : il ne restait qu’un mois, et si vous aviez tenu, j’aurais été sauvé : car c’est une sorcière qui m’a enchanté, pour que je sois un ours blanc en journée. Mais maintenant nous sommes condamnés, car je dois aller l’épouser. »

Elle pleura et se plaignit : mais il dut partir et il allait partir. Puis elle demanda de l’accompagner. Cela était impossible, dit-il ; mais quand il partit à la hâte dans sa peau d’ours, elle la saisit, se jeta sur son dos et s’accrocha. Ils passaient dans des terrains pierreux et sur des montagnes, ils traversaient des bosquets et des cannelures jusqu’à ce que ses vêtements se déchirent, et qu’elle fut si fatiguée qu’elle lâcha l’ours et perdit connaissance. Quand elle se réveilla, elle était dans une grande forêt. Elle repartit, même si elle ne savait pas où elle allait. Enfin, elle arriva à un cabanon, où se trouvaient deux femmes, une vielle dame et une belle petite fille.

La princesse demanda si elles avaient croisé l'Ours-roi Valemon.

« Oui, il est venu par ici ce matin, mais il est parti si vite que vous ne le rattraperez jamais, » disent-elles.

La fille partit jouer avec des ciseaux en or, et les chiffons en soie et les bandes de velours volaient autour d’elle pendant qu’elle coupait dans l’air. Avec ces ciseaux, elles ne manquaient jamais de vêtements.

« Mais cette dame qui va voyager si loin et si inconfortablement, elle doit travailler dur, » dit la petite fille, « elle aurait plus besoin des ciseaux que moi, pour se fabriquer des vêtements » dit-elle, et demanda si elle pouvait les lui offrir. Elle en a eu la permission.

Puis la princesse partit traverser la forêt qui n’en finissait pas, jour et nuit, et le matin suivant, elle arriva à un autre cabanon. Là se trouvait aussi deux femmes, une vieille dame et une jeune fille.

« Bonjour, » dit la princesse. « Avez-vous croisé l'Ours-roi Valemon ? » demanda-t-elle.

« Vous auriez dû l’épouser, peut-être ? » dit la vieille femme. Ce fut le cas.

« Oui, il est passé devant, mais il est parti si vite que vous ne le rattraperez jamais, » dit-elle.

La petite fille jouait par terre avec une bouteille, qui versait tout ce qu’on voulait. Avec cette bouteille, il y avait toujours à boire.

« Mais la dame qui va voyager si loin et si inconfortablement, je pense qu’elle va avoir très soif et souffrir de beaucoup d’autres choses, » dit la petite fille, « elle aurait plus besoin de cette bouteille que moi » dit-elle, et demanda si elle pouvait la lui offrir. Elle en a eu la permission.

La princesse eut la bouteille, les remercia et s’en alla dans la même forêt, le jour et la nuit même. Le troisième matin, elle arriva à un troisième cabanon, où se trouvaient aussi une vieille dame et une jeune fille.

« Bonjour, » dit la princesse.

« Bonjour à vous, » dit la vieille dame.

« Avez-vous croisé l’Ours-roi Valemon ? » dit-elle.

« Vous auriez dû l’épouser, peut-être ? » dit la bonne femme. Ce fut le cas.

« Oui, il est passé ici hier soir, mais il est parti si vite que vous ne le rattraperez jamais, » dit-elle.

La jeune fille jouait par terre avec une nappe qui, quand on lui disait « Nappe, étale-toi avec tous les bons plats ! », elle le fit. Avec cette nappe, elles ne manquaient pas de bonne nourriture.

« Mais la pauvre dame qui va voyager si loin et si inconfortablement, » dit la petite fille, « elle va avoir très faim et souffrir de beaucoup d’autres choses, elle aurait plus besoin de cette nappe que moi » dit-elle, et demanda si elle pouvait la lui offrir. Elle en a eu la permission.

La princesse prit la nappe, les remercia et s’en alla loin et encore plus loin dans la même forêt sombre, toute la journée et toute la nuit. Le matin, elle arriva à une montagne escarpée, qui était aussi raide qu’un mur, et aussi haute et large qu’elle ne pouvait en voir le bout. Il y avait un cabanon, et quand elle entra, la première chose qu’elle dit, était :

« Bonjour, avez-vous vu l’Ours-roi Valemon venir par ici? » dit-elle.

« Bonjour à vous, » dit la vieille dame, « C’est vous qui auriez dû l’épouser, peut-être ? » dit la vieille femme. Ce fut le cas. « Oui, il a grimpé la montagne il y a trois jours ; mais il est parti si vite que vous ne le rattraperez jamais, » dit-elle.

Dans la cabane, il y avait plein de petits enfants, qui étaient dans le jupon de leur mère et demandaient à manger. La dame mit au feu une casserole plein de petites pierres. La princesse demanda à quoi cela servait. Ils étaient si pauvres, dit la dame, qu’ils n’avaient ni à manger ni de quoi s’habiller, et que cela lui faisait du mal d’entendre les enfants réclamer de la nourriture ; mais quand elle avait mis la casserole sur le feu et dit « Les pommes sont bientôt cuites », ils avaient l’air d’avoir moins faim, et se taisent un moment, dit-elle. Peu de temps après, la princesse trouva la nappe et la bouteille, et quand les enfants avaient assez mangé, elle coupa des vêtements pour eux avec les ciseaux en or.

« Puisque vous avez été si gentil avec moi et mes enfants, il serait honteux que nous ne vous aidions pas à monter la montagne. Mon mari est un forgeron très doué. Maintenant, vous allez vous reposer jusqu’à ce qu’il rentre, et je vais lui demander de vous forger des griffes pour les mains et les pieds, pour que vous puissiez essayer de grimper jusqu’en haut. »

Quand le forgeron arriva, il commença tout de suite la fabrication des griffes qui étaient prêtes en deux jours. Elle n’avait pas le temps d’attendre, les remercia, s’accrocha et grimpa toute la journée et toute la nuit. Quand elle était si fatiguée qu’elle ne pouvait plus bouger une main, et allait glisser, elle arriva en haut de la montagne. Il y avait une plaine avec des champs et des prairies plus larges qu’elle n’aurait jamais imaginé. Tout prêt, il y avait un château plein d’artisans de toute sortes, qui luttaient comme des fourmis dans une fourmilière.

« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda la princesse.

Oui, c’était bien ici qu’elle habitait, la sorcière qui avait ensorcelé l’Ours-roi Valemon, et dans trois jours, ils se marieraient. La princesse demanda si elle pouvait parler avec la sorcière. Non, ce serait impossible. Alors, elles s’assit à côté de la fenêtre et commença à couper avec les ciseaux en or, et les bouts de soie et de velours volaient tant qu’on se croyait dans une bourrasque de neige. Quand la sorcière le vit, elle voulut acheter les ciseaux ; « malgré tout le travail des tailleurs, cela ne suffit pas » dit-elle « trop de monde doit être habillé ».

Ils n’étaient pas à vendre contre de l’argent, dit la princesse, mais la sorcière pouvait les avoir si elle pouvait dormir avec son promis cette nuit. Oui, elle le pouvait, dit la sorcière ; mais elle voulait l’endormir et le réveiller elle-même. Quand il se coucha, elle lui donna une potion qui le fit dormir, afin qu’il ne soit pas capable de se réveiller malgré les cris et les pleurs de la princesse.

Le jour suivant la princesse était de retour sous les fenêtres, et commença à verser depuis la bouteille ; ça cascadait comme un ruisseau d’aussi bien de la bière que du vin, et jamais elle ne se vida. Quand la sorcière le vit, elle voulut l’acheter ; « malgré tout ce qu’ils distillent et brassent, cela ne suffit pas, il y a trop de monde qui veut boire, » dit-elle. Elle n’est pas à vendre, dit la princesse ; mais si elle pouvait dormir avec son promis cette nuit, la sorcière aurait la bouteille. Oui, elle le pouvait, dit la sorcière ; mais elle voulait l’endormir et le réveiller elle-même. Quand il se coucha, elle lui donna encore de la potion qui le fit dormir, et ce qui se passa la nuit précédente se passa encore ; il était impossible de le réveiller, malgré les cris et les pleurs de la princesse. Mais cette nuit-là, il y avait un des artisans qui travaillait dans la chambre d’à côté. Il entendit les pleurs de la princesse et comprit la situation. Le jour suivant il dit au prince qu’elle était la princesse qui devait le sauver.

Ce jour-là se passait avec la nappe de la même manière qu’avec les ciseaux et la bouteille ; à l’heure du dîner, la princesse se posa en dehors du château, sortit la nappe et dit : « Nappe, étale-toi avec tous les bons plats ! », et il y avait assez de nourriture pour cent hommes ; mais la princesse se mit à table toute seule. Quand la sorcière vit la nappe, elle voulut l’acheter ; « pour tout ce qu’ils cuisent et font frire, cela ne suffit pas ; il y a trop de bouches à nourrir, » dit-elle. Elle n’est pas à vendre, dit la princesse ; mais si elle pouvait dormir avec son promis cette nuit, la sorcière aurait la nappe. Oui, elle le pouvait, dit la sorcière ; mais elle voulait l’endormir et le réveiller elle-même. Quand il se coucha, elle vint avec la potion qui fit dormir ; mais cette fois, il se méfia et la trompa. La sorcière ne lui faisait pas plus confiance que cela; elle prit une aiguille à repriser et lui perça au travers le bras pour voir s’il dormait assez profondément. Il ne bougea pas malgré la douleur, et la princesse eut donc droit de venir le voir.

A partir de ce moment-là, tout allait bien, et s’ils se débarrassaient de la sorcière, il serait sauvé. Il demanda aux charpentiers de fabriquer une trappe pour le pont que le cortège du mariage allait traverser, car la pratique locale était que la mariée le franchissait devant. Quand elle commençait à traverser le pont, la trappe tourna avec la mariée et toutes les sorcières qui étaient ses demoiselles d’honneur. Pendant ce temps, l’ours-roi Valemon et les autres retournèrent précipitamment au château, prirent tout l’or et l’argent de la sorcière qu’ils arrivaient à porter, et se précipitèrent vers le pays de l’ours-roi pour commencer le vrai mariage. Sur la route, roi Valemon s’arrêta prendre les trois petites filles, et maintenant la princesse comprit pourquoi il les avait enlevées; leur tâche avait été d’aider la princesse à le retrouver. Ils festoyèrent vigoureusement et longuement.

**Illustration : Th. Kittelsen **

Kvitebjørn Kong Valemon 1/4








Info @ Anne Inger


Commenter cette actualité sur le forum

Source de l'information : Reisenett
Article rédigé par : norvege-fr.com
Copyright photo : non connue

Cet article a été écrit exclusivement pour Norvege-fr.com. Vous êtes autorisé à le diffuser uniquement partiellement et sous réserve d'ajouter le lien vers cette publication.

Autres Articles "culture"

Vos commentaires