La côte ouest norvégienne est plus vulnérable à l'industrie du pétrole - Norvège Actualité

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La côte ouest norvégienne est plus vulnérable à l'industrie du pétrole

Une personne sur quatre résidant à l'ouest travaille dans l'industrie du gaz et pétrole.

Les chiffres de l'institut de recherche de Stavanger (IRIS) montrent que dans la région du Hordaland (dont Bergen est la capitale), 56 700 personnes travaillent directement ou indirectement dans l'industrie pétrolière. Cela représente 21% des résidents de cette région. La Sogn og Fjordane (la région au nord du Hordaland), où 8% travaille dans ce domaine, n'a eu jusque là qu'une toute petite part du gâteau. Alors que les autres régions de l'ouest se retrouvent face au mur, la région ressent moins les effets de la conjoncture.

L'importance de l'industrie pétrolière est toute autre dans le Rogaland (dont la capitale est Stavanger), puisque 99 200 personnes sont dépendantes du pétrole. Cela représente 40% des résidents de la région, et explique l'augmentation de 50% du chômage (depuis environ 1 an) dans cette région.

En ajoutant le Møre og Romsdal (où se trouve Ålesund), la côté ouest norvégienne (Vestlandet) a 189 200 personnes travaillant dans l'industrie pétrolière, soit 26.5% de leur population.

Un travail sur 14 a disparu

Parmi les communes très dépendantes à l'industrie se trouvent Sola et Stavanger, Fjell et Austevoll (près de Bergen), ainsi que Ulstein près d'Ålesund, d'après l'IRIS.

Mi-juin, DNB Markets (département d'études financières de la banque DNB) précisait que 22 000 emplois relatifs au pétrole avaient disparus depuis le mois d'août 2014. Cela représente 7% des employés en 2014 (330 000 personnes).
L'insécurité du marché se ressent

- Nous remarquons que les choses sont plus calmes maintenant. On se bat plus pour les contrats, même s'il y a plus d'incertitudes pour le futur, dit Dag Jøran Hjelmeland du groupe Efinor Gruppen AS.
Nous avons déjà eu de tels remous par le passé, et nous nous sommes accrochés. Ce sont les entreprises avec une lourde administration et qui n'arrivent pas à s'adapter qui s'essoufflent.

Pour s'assurer contre les remous de l'industrie, Efinor a opté pour une organisation réduite d'environ 70 employés. L'entreprise fait appel à des consultants lorsqu'il le faut. Hjelmeland pense que l'entreprise y gagne en flexibilité, puisqu'elle peut réduire sa main d’œuvre sans que cela ne nuise à la boite. Pour lui, la crise traversée actuellement n'est pas complètement négative.

- Je crois que ce qui se passe actuellement dans l'Oil&Gas est une bonne chose. D'habitude, il est difficile de trouve de bons travailleurs norvégiens, dit Hjelmeland. Il s'agit maintenant d'avoir plusieurs pieds sur lesquels danser, et d'utiliser ces compétences dans d'autres industries, dit Jan Atle Stang, directeur de la région Sogn og Fjordane pour NHO (organisation des entreprises norvégiennes).

Il cite notamment les énergies renouvelables, l'utilisation des ressources maritimes et de nouveau moyens d'utiliser les technologies sous-marines.

- Personne ici ne s'attend à ce que la crise dure pour toujours. Nous pensons que cela sera un petit ajustement et que l'activité repartira, dit Stang.

Pessimisme grandissant

Ajustement ou non, on se dispute maintenant pour savoir si le fond a été atteint ou non.

- Nous pensons que les problèmes vont peu à peu devenir plus sérieux. Cela peut dépendre des mesures prises par les autorités et les conseils d'administration, mais du point de vue national, la NAV (le Pôle emploi norvégien) et la SSB (le bureau central des statistiques) sont plus pessimistes aujourd'hui qu'il y a un an et demi, dit Frode Henden du Pôle emploi du Sogn og Fjordane.

Localement, les chiffres du chômage ne montrent pas encore le ralentissement de l'industrie pétrolière.

- Beaucoup de problèmes n'apparaissent pas encore dans nos statistiques à cause des packages de départ (les employés recoivent parfois des offres avec quelques mois de salaires en avance, ce qui retarde leur inscription à la NAV, NDLR), et parce que beaucoup d'employés ne sont pas résidents dans le Sogn og Fjordane. Nous redoutons une augmentation du chômage durant l'automne, dit Henden.

Le ralentissement de l'Oil&Gas profite à l'innovation

Chez Fram Flora, incubateur de petites entreprises à Florø, on remarque une augmentation des nouvelles initiatives.

- Le ralentissement dans l'industrie pétrolière est négative, mais nous pensons que l'on peut retirer quelque chose de positif de tout cela, dit Bareksten.

Ils veulent créer une structure à cheval entre un laboratoire d'idées et un incubateur d'entreprises et de projets. Fram Flora étudie la possibilité de créer un parc industriel où les entrepreneurs pourraient se rassembler et avancer ensemble, financé entre autres par la commune de Florø et Innovasjon Norge.


**Photo : Répartition par région de la part d'employés dans l'industrie pétrolière, en 2014 - source IRIS.**

Source de l'information : Vest24
Article rédigé par : Mercre
Copyright photo : non connue

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