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La Norvège donne des cours 'd'éducation sexuelle' aux migrants

Afin de lutter contre les agressions sexuelles, la Norvège a mis en place un système de cours de "savoir-vivre" à destination des migrants.

"Elle l'embrasse donc c'est une invitation à avoir des relations sexuelles." La réponse du demandeur d'asile flotte dans l'air. Le sourire de l'animatrice vacille, et une explication est nécessaire.

En Norvège, des cours sont donnés aux migrants pour prévenir la violence contre les femmes, en particulier le viol. Il s'agit de leur enseigner les codes culturels du pays en matière de séduction et de sexualité.

Les cours ont été introduits après une série de viols commis par des étrangers dans la ville sud-ouest de Stavanger entre 2009 et 2011. Mais ils sont devenus particulièrement d'actualité après l’agression de centaines de femmes (766 rapports de police déposés, dont 497 pour agression sexuelle) lors du Nouvel An à Cologne en Allemagne, par des hommes décrits par les autorités comme "d’origine arabe et nord-africaine".

"L'idée de ce cours, c'est de parler des situations à risques qui peuvent se présenter en matière de viols et de violences sexuelles", explique l'animatrice Linda Hagen. "Nous avons besoin de votre aide afin que nous puissions, ensemble, détecter ces situations." Quelle est la différence entre l'amour et le sexe ?" "L'usage de la violence peut-elle être légitime ? Comment savez-vous si une femme est consentante ?"

Les réfugiés montrent un intérêt pour ces cours
Les participants réfléchissent aux différents scénarios où les différences culturelles peuvent causer des malentendus. Peu à peu, ils se mettent à parler.
- "Si elle veut venir chez moi, ce qui signifie qu'elle est consentante", dit un Syrien.
- "Mais si elle est ivre, comment puis-je être sûr qu'elle veut coucher avec moi ?" demande un Soudanais.
- "Si elle dit non, je ne fais rien contre sa volonté", insiste un troisième.

Les cours sont organisés par Hero, une société privée qui gère 40 % des centres d'accueil en Norvège. Pour illustrer leur propos, les intervenants s’appuient sur une vidéo destinée à l’origine aux adolescents. Celle-ci met en scène une jeune fille visiblement ivre, qui se laisse, lors d’une fête, entrainer dans une chambre à l’étage par un garçon. Alors que le jeune homme est de plus en plus pressant, la jeune fille continue de résister et le film se conclut par le slogan "Non c’est non".


Amnesty NEI ER NEI 2015 from Amnesty_Norge on Vimeo.

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Les réactions ne se font pas attendre
- "La jeune fille aurait dû être plus clair et ne pas aller dans la chambre avec lui", dit l'un des réfugiés.
- "Si une fille m'embrasse, je me dis qu'elle veut coucher avec moi", dit un autre.

Les réfugiés reviennent également sur les incidents à Cologne :
- "Pour moi, ce ne sont pas des hommes qui ont fait ça, ce sont des animaux, des malades", dit Sulaiman Adel, un syrien de 42 ans.
- "Nous voulons que les autorités allemandes soient plus claire, c'est facile de dire que ce sont des demandeurs d'asiles", ajoute Shero Demir, 35 ans également de Syrie.
-"Ils doivent être immédiatement expulsés", indique un troisième homme.

Linda Hagen intervient en expliquant : "En Norvège, il est assez habituel de s'embrasser, de s'enlacer, de danser serré sans que cela débouche nécessairement sur un rapport sexuel"

Par ailleurs, la société Hero encourage la population à les assister dans leur tâche. "Nous invitons les résidents, hommes comme femmes, à un dialogue sur les normes culturelles, et à prendre leurs responsabilités s'ils sont témoins de quelque chose", lance le directeur général, Tor Brekke.

**Photo : Hallgeir Vågenes, VG**

Source de l'information : The Local
Article rédigé par : Laëtitia
Copyright photo : non connue

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