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Le changement climatique met en danger l'archipel du Svalbard

Plus de précipitations, d’inondations, d'avalanches et de glissements de terrain dans les années à venir dans les îles du Svalbard selon un nouveau rapport rendu public lundi par des chercheurs en Norvège. Les conséquences du changement climatique seront dramatiques et effrayantes selon les experts.

Les températures du Svalbard ont déjà considérablement augmenté, la glace est en train de fondre et les glaciers se retirent. Les chercheurs en climatologie ont sonné l'alarme cette semaine, mais le gouvernement norvégien continue de délivrer de nouvelles licences pour l'exploration pétrolière et gazière en mer, y compris dans l'Arctique.

Les chercheurs soulignent que la plupart des dégâts sont déjà causés par la fonte des glaces au Svalbard et aux alentours. En 2015, 5 000 tonnes de neige se sont abattues sur Longyearbyen où vivent environ 2 000 habitants. Ces dernières années, les glaciers de Svalbard ont considérablement été réduits.

Les températures ont été plus chaudes au Svalbard que sur le continent norvégien à plusieurs reprises cet hiver. La pluie est tombée au lieu de la neige en décembre et le permafrost (sol gelé en profondeur) a tellement fondu qu'il faut renforcer les bâtiments. L'entrée de la cave mondiale de semences du Svalbard, creusée dans une montagne au-dessus de l'aéroport à Longyearbyen il y a moins de 20 ans, a également besoin d'être renforcée.

"Les résultats sont très spectaculaires", a déclaré Inger Hanssen-Bauer, chercheuse principale à l'Institut météorologique de l'État, à Norwegian Broadcasting (NRK), lors de la publication du rapport cette semaine. Le rapport intitulé "Climat in Svalbard 2100" prédit que les températures pourraient augmenter de 10 degrés.

"L’aéroport de Svalbard est l’une des stations d’observation du Svalbard où la température de l’air et les précipitations ont augmenté depuis le début des années 70".

Inger Hanssen-Bauer dirige également le Norsk Klimaservicesenter (le centre norvégien de services climatologiques) et est fermement convaincue que nous seront confrontés à des changements extrêmement importants. Elle craint que nous ayons encore de mauvaises surprises.

La vitesse à laquelle les changements se produisent et leur visibilité sont les préoccupations majeures. Selon le rapport, les températures ont déjà été supérieures à la normale au cours des 98 derniers mois, et le mois de janvier était de 4,7 degrés plus chaud que la normale. Un autre rapport publié l’automne dernier indiquait également que le changement climatique menaçait sérieusement le Svalbard.

"Les habitants du Svalbard peuvent constater les énormes changements en cours", a reconnu le ministre norvégien chargé des questions climatiques et environnementales, Ola Elvestuen du Parti libéral. "Nous devons prendre cela au sérieux et réduire les émissions de carbone dès maintenant."

"Des quantités d’eau chaude se déversent au nord de l’océan Atlantique vers la région du Svalbard et de la mer de Barents. illustration : Anne Britt Sandø"

Depuis des années, les gouvernements norvégiens sont vivement critiqués pour leur refus de contrôler l’importante industrie pétrolière et gazière offshore du pays. Ils se voient attribuer davantage de licences pour davantage d’exploration et de production pétrolières et gazières, notamment dans les régions arctiques.

Le parti d'Ola Elvestuen, ainsi que les démocrates chrétiens, ont réussi à mettre un terme aux projets pétroliers visant à forer les paysages pittoresques des Lofoten et des Vesterålen, dans le nord de la Norvège, et des restrictions ont été mises en place près de la calotte glaciaire arctique ainsi qu'autour de certaines colonies insulaires.

L'accord international sur le climat adopté à Paris en 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète de 1,5 à 2 degrés. Selon les chercheurs, une telle ambition nécessitera des changements radicaux dans la société. Si le monde se bat pour y arriver, ce sera particulièrement visible dans l'Arctique.

"Nous sommes très doués pour nous fixer des objectifs", a déclaré la chercheuse Hege Hisdal de NVE, "mais dans la pratique, nous sommes assez loin de les atteindre".

Les auteurs du rapport soulignent que les calculs comportent une grande incertitude, car on ne sait pas exactement quelle sera l'ampleur réelle des émissions dans les prochaines années.

Source de l'information : NRK
Article rédigé par : Laëtitia
Copyright photo : Arne Egil Tønset

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