Journée Internationale des Droits des Femmes : Portraits de 3 Lauréates du Prix Nobel de la Paix - Norvège Actualité

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Journée Internationale des Droits des Femmes : Portraits de 3 Lauréates du Prix Nobel de la Paix

La journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars dans le monde. Elle est le symbole de la lutte pour le droit des femmes contre les inégalités. Cette journée rend hommage aux combats menés pour l’égalité hommes-femmes. De nombreuses femmes se sont engagées pour un monde plus juste. En matière d’égalité, la Norvège se classe 2e sur 153 pays, d’après le rapport 2020 du Forum économique mondial. La Norvège est également le pays où est remis le Prix Nobel de la Paix. Pour célébrer cette journée, nous mettons en lumière trois femmes ayant obtenu ce prix prestigieux.

Nadia Murad, une icône internationale qui a su briser les tabous


En 2018, l’Irakienne, Nadia Murad reçoit le Prix Nobel de la Paix pour son combat pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre. Elle obtient ce prix conjointement avec le Docteur Denis Mukwege, tous deux leaders dans la sensibilisation aux violences sexuelles dans les conflits armés. Une récompense amplement saluée et qui n'aura jamais autant suscité d'éloges.

Comme des milliers de filles et femmes de sa communauté, Nadia Murad a été réduite en esclavage sexuel par le groupe jihadiste État islamique (EI) en 2014, avant de parvenir à s'évader.

« J’ai été violée par un groupe d’hommes jusqu’à ce que je perde connaissance ». Devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, Nadia Murad Basee Taha, la jeune femme alors âgée de 21 ans, enlevée par Daesh en Irak, a livré un récit glaçant sur sa captivité. Elle y raconte son enlèvement depuis un village irakien, avec sa famille ainsi que 150 autres familles yézidies, cette minorité ethnique kurde adepte d’une religion puisant ses racines dans l’Iran antique. « Sur la route, les combattants nous ont humiliées », a décrit la jeune femme à l’assemblée. « Ils nous ont touchées et violées. Ils nous ont emmenés à Mosoul, dans un bâtiment où des milliers de femmes yézidies et d’enfants étaient vendus comme esclaves.»

**Photo @ Norvege-fr.com**

Malala Yousafzai, l'icône mondiale du combat pour l'éducation des filles


La jeune Pakistanaise Malala Yousafzaï a reçu mercredi 10 décembre 2014 à Oslo, le prix Nobel de la paix. Elle s'est engagée à lutter jusqu'au jour où elle verrait « tous les enfants à l'école.» Elle devient ainsi la plus jeune lauréate de l'histoire du prix Nobel. L'engagement de Malala a pourtant failli lui coûter la vie. Le 9 octobre 2012, des talibans interceptent son car scolaire dans sa vallée natale de Swat et lui tirent une balle dans la tête. Elle reste aujourd'hui sous la menace des islamistes.

« Pourquoi les pays qu'on dit puissants sont-ils si forts à provoquer des guerres, mais si faibles pour apporter la paix ? Pourquoi donner des armes est-il si facile quand donner des livres est si difficile ? Pourquoi est-il si facile de construire des chars, mais si difficile de construire des écoles ? » a déclaré Malala lors de la cérémonie. Avec ce prix, Malala enrichit un palmarès déjà bien garni. Invitée à la Maison-Blanche comme à Buckingham Palace ou à la tribune de l'ONU, elle reçoit de multiples récompenses, publie une autobiographie et rencontre le gotha international. La jeune Pakistanaise n'exclut pas de devenir un jour Première ministre de son pays pour continuer à servir sa cause.

**Photo @ Odd ANDERSEN**

Aung San Suu Kyi, figure de la lutte pour la démocratie


Aung San Suu Kyi a remporté le prix Nobel de la Paix en 1991, mais il lui a été remis officiellement en 2012 par le comité Nobel à Oslo. C’est son fils aîné, Alexander Aris, qui avait accepté le prix à sa place et avait fait un discours émouvant en son nom le 10 décembre 1991 à Oslo. Il avait déclaré que sa mère acceptait le Prix Nobel de la paix au nom du peuple de Birmanie, estimant qu'il appartenait à tous les hommes, les femmes et les enfants qui continuent à sacrifier leur bien-être, leur liberté et leur vie à la poursuite d'une Birmanie démocratique.

Aung San Suu Kyi a été tour à tour placée en résidence surveillée ou assignée à résidence pendant plus de deux décennies par le régime militaire de son pays après qu'elle ait remporté les élections nationales. Elle a toujours dit que sa première destination à l'étranger serait la Norvège. Elle a remporté le Prix Rafto pour son plaidoyer en faveur des droits de l'homme à Bergen en 1990, puis le prix Nobel l'année d'après. Elle avait été autorisée officiellement à quitter le pays, mais n'avait pas osé le faire craignant ne pas avoir l'autorisation d'y revenir.



Pourtant en 2017, la cheffe du gouvernement birman va susciter de nombreuses critiques. L’ancienne icône est vivement critiquée pour son mutisme sur le sort des Rohingyas, une minorité musulmane victime de persécutions en Birmanie. Une pétition par de nombreux lauréats de Prix Nobel de la Paix allant jusqu’à demander qu’on lui retire le prix. La Birmanie a été accusée de génocide devant la Cour internationale de justice.

En 2016, Aung San Suu Kyi remporte les élections à l’Assemblée nationale du pays et y instaure la démocratie. Une démocratie menacée depuis le 1er février 2021. La Dame de Rangoun est renversée par l’armée et se retrouve à nouveau assignée à résidence. L'armée a récupéré les pouvoirs et un état d'urgence d'un an a été déclaré. Les militaires ont déclaré avoir agi pour préserver la stabilité de l'État et ont dénoncé des fraudes et irrégularités massives lors des élections législatives de novembre 2020 remportées par Aung San Suu Kyi. Elle a appelé la population à ne pas accepter le coup d’État. Depuis, le pays est en proie à de nombreuses manifestations. Un appel des syndicats à la grève générale a été lancé pour faire pression sur la junte. Malgré la répression et les intimidations, les manifestants pro-démocratie continuent d’afficher leur soutien à Aung San Suu Kyi.

Les autres lauréates du Prix Nobel de la Paix



1905 : Bertah Von Suttner - Autriche / 1931 : Jane Addam - USA / 1946 : Emily Greene Bath - USA / 1976 : Mairead Corrigan - Irlande du Nord / 1976 : Betty Williams - Irlande du Nord / 1979 : Mère Teresa - Inde / 1982 : Alva Murdal - Suède / 1992 : Rigoberta Menchu Tum - Guatemala / 1997 : Jody Williams - USA / 2003 : Shirin Ebadi - Irlande du Nord / 2004 : Wangari Maathai - Kenya / 2011 : Leymah Gbowee - Libye / 2011 : Tawakkol Karman - Yémen / 2011 : Ellen Johnson Sirleaf - Libéria


L’histoire du 8 mars en Norvège en quelques dates



- 1908 : Le parti socialiste américain demande à la société « Democratic Women's Society » d’organiser une journée nationale de la femme. Un grand meeting sur le thème du droit de vote de la femme est organisé à New York le 8 mars. Les socialistes américains décidèrent ensuite que le dernier dimanche de février devient une journée nationale de la femme. Cette journée fut organisée la première fois en 1909.

- 1910-15 : La démocrate allemande Clara Zetkin propose la création d’une journée de la femme lors du deuxième congrès social démocratique de la femme à Copenhague en 1910, où 130 femmes de 16 pays participent. Leur crédo est « nous les femmes avons davantage besoin de la libération que les hommes, car nous sommes davantage soumises ». L’assemblée norvégienne de la femme n’était pas intéressée par une telle journée, car elle souhaitait travailler en parallèle avec les hommes. D’autre part, le droit au vote pour les femmes en Norvège était presque acquis. Le « Democratic Women's Society » maintenait sa date de février, alors que la première manifestation européenne eut lieu à Vienne le 18 mars. À Saint-Pétersbourg, les femmes marquaient la journée comme les Américaines, le dernier dimanche de février, grâce à Aleksandra Kollontaj.

- 1915 : Il n’y a pas eu de Congrès de la Femme en 1914 dû la guerre. Mais en mars 1915, Klara Zetkin réussissait à rassembler les femmes lors d’un meeting en Suisse. Cette fois, la journée de la femme fut utilisée pour protester contre la guerre. En Norvège, la très connue féministe Aleksandra Kollontaj fut l’oratrice principale lors d’un grand meeting pour la paix tenue à Oslo.

- 1917 : La date du 8 mars est définitive après 1917. La manifestation fut le démarrage de la révolution de février, où le tsar russe fut renversé et un gouvernement démocratique instauré. Selon le calendrier russe, les femmes de Petrograd célébraient aussi cette date en 1917.

- 1920 : Le parti des travailleurs norvégien et leur assemblée féminine se joignent à « Komintern » qui programmait la révolution mondiale ! Dans le journal « Arbeiderkvinnen » (la femme travailleuse) on lisait : « La journée internationale communiste de la femme est le 8 mars. » La journée a été célébrée avec des conférences, réunions et spectacles.

- 1922 : Lénine décide de faire du 8 mars une journée de fête communiste. En Russie, cette journée est quasiment considérée comme une « fête de mères ». La journée continue à être liée au mouvement communiste jusqu’à ce que les féministes donnent à cette journée un autre contenu dans les années 60.

- 1923 : Le parti des travailleurs norvégiens se désengage du « Komintern » le parti est divisé et le parti communiste norvégien est créé. Les femmes du parti travailleur organisent à partir de là une semaine de la femme du 8 au 15 mars, alors que les femmes communistes célèbrent du 2 au 9 mars. Les femmes communistes gardaient leur inspiration internationale dans la tradition idéologique de Klara Zetkin. Les associations de femmes au foyer se sont liées avec les communistes et participaient à leurs réunions et manifestations.

- 1945 : L’assemblée Mondiale Démocratique de la Femme fut constituée de femmes du monde entier. Ils reprennent la célébration de la journée du 8 mars, et l'utilisent pour militer pour la paix dans les années 50 et 60.

- 1972 : De nouvelles associations reprennent la célébration de cette journée. « Kvinnefronten » (le front féminin) à Oslo, prend l’initiative de la première journée de manifestation globale, et invite pour cela toutes les autres associations de femmes à participer.

- 1975 : Lors de l’année internationale de la femme en 1975, le 8 mars fut déclaré journée internationale de la femme des Nations-Unies.

- 1978 : La plus grande manifestation du 8 mars a eu lieu. Plus 20 000 femmes et hommes manifestent dans tout le pays. À Oslo même, 2 manifestations distinctes ont lieu.

Source de l'information :
Article rédigé par : Laëtitia
Copyright photo : non connue

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