Portrait
: Thor
HEYERDHAL (1914 - 2002)
Par Sandy
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L'EXPEDITION DE L'ILE DE PÂQUES
(1955-56) Ses expéditions sur l'ïle de
Pâques sont considérées comme son meilleur
travail (The archeology
of Easter Island, 1961). Tout commence par un essai d'explication
du mystère des fameuse statues géantes. Le travail
de la pierre et la statuaire sont indubitablement Inca. En
se fiant à la tradition orale des gens du cru, qui
disaient que les statues 'marchaient', il peut faire un test
pratique en redressant et en déplaçant une de
ces énormes figures.
Un groupe de 23 personnes se livre à
la première excavation jamais tentée sur l'île.
Les nombreuses traces de pollen dans les sédiments
prouvent que l'île a été boisée
avant d'être déforestée par ses habitants
originels, qui plantèrent des roseaux d'eau et d'autres
plantes Sud-Américaines.
La datation au Carbone 14 montre que l'île
fût occupée presque 1.000 ans plus tôt
que le pensaient les scientifiques. En fait, Heyerdhal détermine
trois périodes dans l'histoire de l'île. Pendant
la première, les seules constructions étaient
d'énormes autels orientés astronomiquement démontrant
une très bonne connaissance de la maçonnerie
par la précision avec lesquels les blocs de pierre
sont ajustés. Pendant la seconde, les célèbres
statues géantes on été créées
et mises en place. Au point culminant de la production des
statues, elles pouvaient atteindre 40 pieds de haut, peser
plus de 80 tonnes et porter un chapeau de pierre pesant jusqu'à
12 tonnes sur la tête. Sur une période de 6 siècles,
plus de 600 statues furent dressées et les forêts
dévastées. La troisième période
commence par un abandon des carrières de Rano Raraku
dans lesquelles étaient taillées les statues.
Des traces évidentes de combat et de destructions apparaissent.
La seconde vague d'habitants venus de l'ouest auraient, selon
les dires des autochtones, détruit les descendants
de la première vague de population, venue de l'est.
L'expédition amasse les preuves de leur
hypothèse pour la première période. Tout
ce qu'ils trouvent ressemblent à d'autres découvertes
faites à l'est de l'île, pas à l'ouest
: les plantes aquatiques, la construction de bateaux en roseaux,
l'utilisation de rames à double palette, les crochets
en pierre d'une seule pièce pour la pêche
et l'écriture , qui ressemble à celle des indiens
vivants près du Lac Titicaca dans les Andes.
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L'EXPEDITION DU RA (1969-70)
Cela n'empêche pas Heyerdhal de continuer
ses recherches sur les méthodes anciennes de navigation.
Cette fois il s'intéresse aux bateaux construits
en papyrus. La science moderne les considéraient
comme impropres à la navigation de long court, car
on pensait qu'ils devaient se détremper après
2 semaines dans l'eau. En 1969, Heyerdhal entreprend d'en
construire un à partir de 12 tonnes de papyrus et
avec une équipe d'experts. Le bateau de 15 m de long
est lancé depuis le port Phénicien de Safi,
au Maroc. Dans un esprit de coopération, Heyerdhal
embarque 7 hommes de 7 nations différentes sous le
drapeau des nations unies. Le Ra parcourt 5.000 km (2.700
miles nautiques) en 56 jours jusqu'à ce que les tempêtes
et des défaults de construction force l'équipe
à abandonner à juste une semaine des Barbades.
La pollution de l'océan que l'expédition a
pu observer sera rapportée aux Nations Unies et poussera
Heyerdhal à participer activement à la protection
de l'environnement.
Dix mois plus tard, Heyerdhal recommence
l'espérience avec le Ra II, plus petit que son prédécesseur.
Il traverse l'Atlantique depuis Safi jusqu'aux Barbades,
un total de 6.100 km (3.270 miles nautiques) en 57 jours.
Ce voyage prouve que la science moderne a une fois de plus
sous-estimé les technologies aborigènes oubliées.
La théorie qui voulait que les vaisseaux Médittéranéens
construits avant Christophe Colomb n'auraient pas pu traverser
l' Atlantique est démontrée fausse. |
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LES AUTRES EXPEDITIONS
Dans les années suivantes, Heyerdhal
continue à étudier les moyens de navigations
anciens. En 1977-78, le Tigris, une barque de roseau de
type sumérien, lui permet de naviguer depuis Qurna
en Irak jusqu'à Djibouti en Afrique par la vallée
de l'Indus avec 11 personnes. Il dirige des fouilles archéologiques
dans les Îles Maldives (1982-1984) et à Tucume
au Pérou (1988-94) où il découvre les
preuves d'une culture maritime pré-inca. Il reste
un participant actif d' expéditions archéologiques
et s'investit en tant que promoteur de la coopération
et de la compréhension entre les peuples. A partir
de 1990, il établit un projet archéologique
entre la Norvège et l'Espagne dans les îles
Canaries, il fait protéger comme héritage
national les pyramides à degrés de Guimar
à Ténérife et il fait partie du Comité
Scientifique de la nouvelle fondation internationale de
recherche FERCO : Foundation for Exploration & Research
on Cultural Origins. Il a reçu de nombreux honneurs et médailles.
Dès 1950, il sera conférencier dans de nombreuses
académies et universités, et il publie énormément.
Il a participé à de nombreux congrès,
entre autres, le International Congress of Americanists,
le Pacific Science Congress et le Congrès International
d'Anthropologie et d'Ethnologie. Il est aussi un militant
anti-nucléaire actif, et a notamment critiqué
sévèrement les essais nucléaires français
sur Mururoa. Auteur prolifique, il a écrit 21 ouvrages
sur ses recherches et produit des films documentaires sur
le Kon-Tiki.
Il meurt en Italie, le 19 avril 2002 à
l'âge de 87 ans. Il était atteint d'un cancer
et avait cessé son traitement anti-douleur quelques
semaines plus tôt. |
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