Tout d'abord mes excuses pour avoir été absent de mon propre topic pendant quelques jours, mais j'ai du terminer des contrats freelance ici en quatrième vitesse avant de partir (par chance la qualité n'en a pas souffert...), faire moultes allers retours un peu partout et autres. Putain je pars dans 10 jours et je réalise toujours pas tant je suis encore dans le bain français de mon boulot freelance, c'est fou.
Pour ce qui est du débat qui ressemble à une réunion syndicaliste informelle
Ensuite parce que dans mon métier actuel, je n'ai connu que le freelance. Et là.. c'est l'enfer. Si on veut bosser et gagner sa vie, il faut apprendre à dire oui à beaucoup de choses qu'on aurait fustigé auparavant. Les clients dictateurs, les horaires à 15/16h de taff par jour sur 10 jours très souvent, le taux horaire qui descend sous le smic quand il y a des imprévus techniques ou autre ( 90% des clients ne payent aucun supplément pour aucune raison même plus que valide ). Bref, une vie de désocialisation, fatigue nerveuse et l'amour du métier qui s'étiole très vite. Pour passer du travail dans le social il y a 3 ans, à un job de designer à Oslo aujourd'hui, croyez moi y a eu des semaines à 80h de boulot et ceci, très souvent. Surtout en autodidacte complet, on buche plus que les autres ! Et bosser de chez soi c'est l'enfer, on en sort plus ou presque
Le truc qui démarque vraiment la France dans le travail et la façon de l'appréhender, c'est qu'ici, si tu bois un café à la machine et que tu as l'air détendu et relax, t'es qu'un gros branleur. Si tu pars à l'heure, t'es qu'un gros branleur. Si tu as pas de poches noires sous les yeux, idem. Limite si tu fais pas un arrêt pour dépression tous les deux ans t'es qu'un branleur aussi, et si tu en fais un, faut pas se leurrer, t'es qu'un branleur tout pareil. Si on prend les USA, on est totalement à l'inverse. ils bossent plus en heure, c'est vrai, mais c'est leur système, ils voient pas ça autrement. Par contre, si tu bois un café à la machine les bras bardés de dossier, si tu pars deux heures après l'horaire, si tu as l'air tout le temps sur le fil du rasoir à 200 km/h, tu es considéré comme désorganisé et inefficace. On est vu dans le monde entier comme des bêtes de somme, capable d'arracher plus de travail que les autres en moins de temps, ça joue en notre faveur au détriment de notre santé morale et physique. Et de peur d'être mal vu et de mettre notre carrière en danger, effectivement, on ne bronche jamais. Je ne généralise évidemment pas, je déteste ça d'ailleurs. Mais force est de constater que le français n'est pas heureux au travail, et se défonce par peur de perdre son job, surement pas par souci d'efficacité ou pour faire carburer la boite.
Personnellement, 37,5h avec la mentalité et la façon de travailler norvégienne, ça va aussi m'apprendre à aimer mon métier comme avant. Ici c'est devenu une corvée, alors qu'on est censé être réellement épanoui pour être efficace, créatif et professionnel. Bosser dans un super studio, avec des deadline folles tant elles laissent de temps pour expérimenter, essayer, se tromper et recommencer si besoin, prendre deux heures pour aller s'inspirer dehors si besoin... 5 des quelques studios que tous les graphistes vénèrent comme des semi dieux sont à Oslo en plus, y a pas de secrets, ils ont une fibre incontestable pour ces métiers là, et une rigueur qu'on ne trouve pas ailleurs. Mais les conditions de travail sont aussi bel et bien là, et je comprend parfaitement désormais la suprématie scandinave sur ces métiers.
Mes potes en agence ou studio en France haïssent presque tous la hierarchie supérieure, bossent dans des conditions déplorables ( même au sein d'agences prestigieuses ), sont complètement sous payés par rapport à d'autres contrées, proportionellement au niveau de vie du pays j'entend bien. Et ils ont plutôt intêret à fermer leur mouille, des graphistes ou directeurs artistique y en a plein les rues, ça se remplace vite. Quand je leur ai expliqué, en plus des conditions de travail et de l'ambiance apparente au sein du studio, tout ce que la boite couvrait comme frais sur place, et toute l'aide apportée en amont avant mon arrivée, ils se sont mis à me haïr eux aussi.
Merde, ce que je peux être bavard à l'écrit, ça me surprendra toujours... Désolé
BBR, j'accepte ton offre avec grand plaisir ! je suis beaucoup plus taciturne en personne, rassure toi
Merci encore à tous pour vos conseils, votre écoute "et tout et tout", c'est super rassurant.
Bien à vous,
Baptiste
Ps: une petite question qui fera moins débat que les conditions de travail je pense, à la période ou j'arrive (fin février), je prend un kit de traversée trans-sibérie, ou des fringues un peu plus printanières ? j'ai l'impression de devoir arriver en après ski avec triple doudoune et kit de survie par grand froid si je lis certains trucs...

