Ca Jean, je confirme, je suis particulièrement d'accord avec ce qui a été dit jusqu'à présent.
Concernant ce fameux protectionnisme à la norvégienne, je dirais que les Norvégiens eux-mêmes se sont convaincus que c'étaient une menace à leur "industrie". Taxer de plus de 200 pourcent une bonne partie des importations, (voir aussi les +370% sur l'importation de fromage suédois...) c'est un peu comme décider d'augmenter de 100 pour cent le prix des bonbons et autres produits sucrés, c'est arbitraire et peu digne d'une grande démocratie.
Dans les faits, ce serait maximum les 4-5 pour-cents d'entre eux qui ont choisi la profession d'agriculteur qui perdraient tout au bout du compte. Plus les gros fournisseurs du genre Tine, qui se prennent une marge honteuse faute de concurrence, mais eux, on peu difficilement les plaindre. En fait, voyons les choses en face : La Norvège A de l'argent (en pétro-dollars) en masse, mais ne produit quasiment rien d'exportable. Son économie doit donc être basée sur les investissements, comme le Qatar...
Je crois également en effet que les Norvégiens prennent de plus en plus conscience de ce manque de variété, de diversité et de choix... De plus, les paquet Amazon (uk), la Redoute (uk), et autre commandes vers l'étranger, je peu le dire d'expérience, ça y va ! Et difficile de ne pas se révolter, quand comme nous, on vient d'un pays ou il y a tout un "rayon eau", des dizaines de marques d'huile, de farine, de beurre, etc. dans le Auchan du coin.
Kveite, oui, cela ressort assez souvent lorsque l'on tente de discuter du refus Norvégien de rentrer dans l'UE : On a refusé, mais en voyant comment ça marche en ce moment, on peut pas dire qu'on regrette... Oui, mais cet argument facile, ça revient à faire du non-interventionnisme : Si la guerre en Syrie s'arrête, ce que j'espère, nous pourrons tous dire : Non, nous n'avons pas agit, mais en même temps, regardez, ça s'est "résolu" tous seul - des centaines de milliers de morts plus tard...
Quand on fait un projet à plusieurs, on espère qu'il va marcher (Sauf le UK, qui se frotte les main, ayant à lui seul ou presque tout fait pour provoquer un échec plus retentissant par manque de coopération manifeste). Par là, encore une fois, je retombe sur l'avis de Jean. Pour moi, c'est simple, voire simpliste : l'union fait la force. Mais j'y crois. Je pense que l'avenir est dans une coopération internationale étroite et non dans un individualisme et un nationalisme à la Norvégienne (Ou à l'anglaise). En d'autre terme, être patriote, avec sa cocarde tricolore bien en évidence, tandis que l'on agite fort son drapeau, désolé pour la Norvège qui n'a eu qu'un siècle pour en profiter, mais c'est "ringard"... Bref, l'UE sera peut-être un échec, peut-être pas. Mais la coopération Européenne n'en est qu'à son début, et continuera à être ce qu'elle est : Un succès global, ainsi qu'un pacificateur à long terme. Mieux vaut connaitre des revers en équipe que tout seul.
Bon, enfin, kveite, Les deux "folkeavstemninger" dont tu parles sont certes un bon argument : Si le peuple a dit "non", alors c'est non. Mais comme bien souvent dans ces cas, la frontière entre le référendum démocratique et le plébiscite à la Napoléon est bien étroite.
Si on faisait un référendum sur la démocratie en Chine, vous seriez surpris du nombre de gens qui voudraient rester avec cette bonne vieille dictature communiste à la place...
En effet, le peuple est peut-être souverain, après le roi en Norvège, bien entendu, mais c'est la grande tache du gouvernement de montrer la voie, d'instruire des possible avantages et inconvénients d'une possible adhésion à l'UE. Or, quel était l'opinion du gouvernement social-démocrate ? Plus que mitigée. Rien de plus facile dans ce cas là que de laisser très peu entrevoir les possibilités offertes par une adhésion. On se rappelle comment ca a fini avec la "Constitution Européenne". "Oui, on veut bien choisir, mais pour quoi on signerait exactement? -> Non dans le doute !"
Un autre exemple plus ancien me viens de la Suède, ou la circulation est passé à droite depuis les années 70. Cette fois encore, le gouvernement défendait un oui lors du premier référendum sur ce changement, mais a mené une campagne très timide, persuadée que le oui l'emporterait aisément. Ce qui a donné l'opportunité aux défenseurs du "non" de donner de la voix, et de l'emporter.
Lorsque quelques années plus tard, le gouvernement a eu bien le temps de murir une véritable campagne disant entre autre que non, lors du fameux changement, la moitié de la population ne périrait pas dans d'affreux accidents, le Oui l'a emporté lors d'un deuxième référendum.
C'est un peu comme ca encore de nos jours : Les gouvernements ne prennent pas de risques avec les référendums, et n'en font que lorsque ce qu'ils soutiennent a quasi 100 pourcent de chance d'être accepté. D'ou l'absence de référendums durant l'ère Sarkozy...
C'est tout pour le moment

mais merci pour cette conversation passionnante !